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Les visiteurs du soir - 1942

Réalisé par Marcel Carné

Avec Arletty, Fernand Ledoux, Marie Déa...

Durée : 1h50

 

Synopsis : Satan délègue, sous l'apparence de ménestrels, deux de ses suppôts, Dominique et Gilles, pour semer malheur et destruction sur Terre en l'an de grâce 1485. Alors que Dominique réussit sa mission en soumettant à son emprise séductrice le baron Hugues et Renaud, le fiancé de sa fille Anne, Gilles faillit à sa tâche en succombant amoureusement devant la pureté d'Anne à laquelle il ne devait apporter que tourments. Leur amour déchaîne le courroux de Satan qui intervient en personne pour achever son œuvre de désolation comme il l'entend.

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Un avis


Par Valmont (Lovenaute)
Par Valmont (Lovenaute)

Tourné en 1942, sous l'Occupation, "Les visiteurs du soir" est un film fantastique de Marcel Carné d'après un scénario de Jacques Prévert. Deux suppôts de Satan, Gilles et Dominique, sont chargés de semer le malheur autour d'eux. Cette future descente aux enfers est illustrée par la lente descente à cheval des deux ménestrels vers un château. Dès leur arrivée, ils opèrent un miracle : ils ressuscitent l'ours d'un pauvre homme en larmes. Un acte de bonté, qui laisse présager que l'un des deux envoyés du diable n'est pas foncièrement mauvais. Alors, lovenaute sceptique, si tu es comme moi, agnostique, tu réserveras ton avis sur l'existence de Dieu et de Satan, l'un n'allant pas sans l'autre, comme le Bien et le Mal. Par delà nos croyances respectives, on peut saluer le courage de M. Carné et J. Prévert, qui à une période troublée, n'hésitent pas à établir un parallèle entre leur conte et le contexte historique de l'époque. Commençons par la date : celle donnée dès le début du film (1485) nous donne, si on l'inverse, 5 août 41... date d'un discours de Charles de Gaulle à Beyrouth. Il y réaffirme l'esprit de la politique poursuivie par la France Libre.

 

Chaque personnage ou lieu du film personnifie une figure politique emblématique : le baron Hugues représenterait le Maréchal Pétain qui cède aux sirènes nazies comme lui-même cède à celles de Dominique. Le château incarnerait le régime de Vichy, composés de gens moqueurs à la limite de la méchanceté. Le diable et ses suppôts, seraient, bien entendu, les Allemands et leurs alliés. Quant aux deux amants, Gilles et Anne, ils symboliseraient la Résistance. Pas mal, pour l'époque : subversif à souhait, suffisamment énigmatique pour brouiller les pistes, destiné aux spectateurs avisés. Non pas que les Allemands soient complètement idiots, ou que le régime de Vichy soit aveugle, mais Marcel Carné pouvait toujours prétendre que son film ne dénonçait rien du tout, qu'il s'agissait juste d'un conte se déroulant au Moyen-Âge.

 

Maurice Thiriet et Joseph Kosma (non ce n'est pas le père de Vladimir) sont les auteurs de la musique, qui colle à l'ambiance moyenâgeuse. Dominique et Gilles jouent de la mandore (instrument à 12 cordes) avec beaucoup de douceur, si bien que la dame du château est subjuguée. Elle a beau baisser les yeux, elle en revient à les poser de nouveau sur Gilles et sa voix de velours. Attention, l'expression « la beauté du Diable » prend ici tout son sens, cette beauté physique et vocale étant là pour détourner Anne de Renaud et plus tard, inversement. J'adore cette scène au début du film où leurs yeux se croisent et qu'ils ne parviennent plus à détacher leur regard l'un de l'autre. Chacun est sous le charme. Renaud perçoit d'ailleurs le danger puisqu'il pose sa main sur Anne. Sa brusquerie apparaît dans toute son horreur, puisqu'il loue les chansons parlant de la guerre ou de la chasse. Il se moque de l'Amour avec une telle ironie, et met en garde le ménestrel pour son effronterie.

 

Là encore, Marcel Carné envoie un message moral : Renaud jette de l'argent à terre de façon méprisante et renvoie aux collaborateurs achetés pour leur silence. La plupart des scènes se déroulent en intérieurs, à l'exception du jardin où sont séduits les deux personnages Anne et Renaud. Les costumes sont assez ridicules, surtout pour les hommes, les femmes étant plus chanceuses ! Les chausses sont atrocement pointues, les collants trop moulants... J'aime assez la mise en scène, même si elle paraît parfois prendre son temps, les dialogues étant prononcés distinctement et lentement. La réalisation manque souvent de rythme, ça reste très contemplatif, trop peut-être ? On peut ne pas aimer. Cette façon de filmer est typique d'une certaine époque ("La Belle et la Bête", de Jean Cocteau, a les mêmes spécificités) Les acteurs sont justes, Arletty et Marie Déa en tête. J'adore Jules Berry dans le rôle de Satan, ça lui va comme un gant, démoniaque à souhait.

 

A recommander si l'on aime le fantastique en noir et blanc et faire le parallèle avec l'époque de la France occupée. La scène finale est propice au rapprochement car elle est vraiment touchante.

 

Conclusion

+ Marcel Carné dénonçant l'occupation

+ la mise en scène

+ l'originalité de scénario

+ les acteurs

- les costumes ridicules

- peu de scènes en extérieur.

- Une réalisation manquant de rythme


 

Moment Looove :
Lorsque Gilles chante pour Anne.

 

Bande-annonce

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