Elle et lui - 1939
Réalisé par Leo McCarey
Avec Irène Dunne, Charles Boyer...
Durée : 1h26
Titre original : Love affair
Synopsis : Fiancés tous les deux, l'ex-chanteuse Terry McKay et le playboy Michel Marney embarquent sur le même paquebot qui doit les amener en Amérique vers leurs conjoints respectifs. 15 jours en mer suffiront pour se faire une promesse à l'arrivée : s'ils pensent encore l'un à l'autre, rendez-vous dans 6 mois en haut de l'Empire State Building.
par LoveMachine
Si le synopsis te dit quelque chose, cher(e) Lovenaute aguerri(e), c'est normal puisque le remake de ce film (sorti en 1957 avec Cary Grant et Deborah Kerr) est mentionné à plusieurs reprises dans "Nuits blanches à Seattle" et inspire même un pan entier du scénario. C'est d'ailleurs pour cela que le film original est maintenant relégué au deuxième plan par rapport à son remake malgré des qualités indéniables.
Je ne vais pas te mentir, je suis un gamin des années 80. Je tolère encore plutôt bien les films de cette époque et ceux qui ont suivi mais ai un petit problème avec les films antérieurs. Autant dire qu'en enfournant le DVD dans mon lecteur, je m'attendais à passer 1h25 plutôt longue.
PAF ! Encore une fois, je me suis fait surprendre. L'histoire de Terry McKay et de Michel Marnay, telle que racontée en 1939 a encore de quoi charmer et pour longtemps. Nommé pour 8 Oscars cette année-là, son plus gros souci est d'être sorti la même année que "Autant en emporte le vent" qui a raflé tous les prix de la prestigieuses cérémonie.
Le son crépite, les images en noir et blanc sont parfois surexposées mais pourtant, c'est bien un monument du film romantique auquel on assiste. J'ai trouvé le traitement de l'intrigue plutôt actuel. Deux personnes, l'un play-boy, l'autre future femme au foyer se rencontrent sur un paquebot et se découvrent des affinités. Mais chacun étant fiancés, ils décident de se donner rendez-vous six mois plus tard, le temps de faire le point sur leur vie respective et sur la suite à donner à leur relation.
Irène Dunne et Charles Boyer.
Irène Dunne et Charles Boyer donnent corps à leurs personnages et leur relation naissante passent par des dialogues plutôt ciselés mais surtout par des regards. Fuyants ou directs, leur attirance ne trompe personne et leurs aventures tout au long du film sont très agréables à suivre.
Alors bien sûr, il faut surmonter les écueils de l'âge du film. Certains décors font faux et le noir et blanc limite un peu la portée des jolis paysages de Madère par exemple. Personnellement, j'ai trouvé tous ces défauts techniques attachants et cela ne m'a donc pas posé de problème d'autant plus que le noir et blanc donne vraiment un côté classieux à l'ensemble. J'avais un peu peur également sur le jeu des acteurs mais ça roule de ce côté-là. Les deux sont superbes et jouent parfaitement bien. Le sourire (et la voix - oui, parce qu'il y a des chansons !) d'Irène Dunne et la pose du play-boy Charles Boyer resteront longtemps dans vos mémoires.
Au-delà de ses qualités intrinsèques, ce qui m'a le plus questionné est la qualité de la relation montrée à l'écran, relation qui se suffit à elle-même. Pas besoin ici de bandes de copains qui rotent et qui pètent, pas besoin d'artifices vulgaires comme on peut désormais en trouver dans les comédies romantiques actuelles. C'est l'essence même du film romantique à son meilleur qui est montré. En 1939 plus que maintenant, ils avaient compris ce qu'est un très bon film romantique pour notre plus grand plaisir.
Et si je ne lui ai pas donné la note maximale c'est parce que je me réserve une marge de manoeuvre au cas où son remake (réalisé par le même réalisateur d'ailleurs) serait meilleur. La barre est placée très haut.
A conseiller à tous ceux qui peuvent apprécier un film romantique au-delà de sa technique.
Conclusion
+ Un couple mythique.
+ Une histoire d'amour romantique, plusieurs fois remakée.
+ Un aspect "vieux film" très attachant...
- ...mais qui pourra en repousser certains.
Il y en a tellement ! La première rencontre, la journèe à Madère mais aussi la fin, romantique à souhait.
Extrait - Début du film



